23 janvier
2014

Hommage à Maurice Rollet

Maurice Rollet, sauf erreur de ma part, n’a jamais écrit dans Éléments, mais il était une figure historique de la mouvance qui fut à l’origine de notre revue. Né à Joigny, en Bourgogne, le 30 janvier 1933, il était devenu médecin en Algérie, à l’hôpital de Bône, à l’issue de son service militaire. La fin de la guerre d’Algérie marqua profondément ses jeunes années. Emprisonné en 1962 avec Dominique Venner, pour cause d’activisme, il s’installa ensuite à Marseille et y poursuivit sa carrière médicale. En 1967, il fut l’un des membres fondateurs du Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (GRECE), dont il allait bientôt devenir le chancelier. Il fut surtout le principal animateur de la Domus Europa de Roquefavour, près d’Aix-en-Provence, un grand mas provençal qui devint à son initiative le lieu d’innombrables fêtes, réunions et Universités d’été.
Maurice était un homme tout d’une pièce, qui ne fonctionnait qu’à l’amitié. Les mots « clan », « communauté », « amis » étaient ceux qui le faisaient vibrer. Tous ceux qui l’ont connu se souviennent, non seulement de son incroyable dynamisme, de son extraordinaire générosité, de ses coups de cœur et de ses coups de gueule, de la façon qui n’appartenait qu’à lui qu’entonner les chants traditionnels face au Soleil de Pierre. Il était l’auteur de nombreux poèmes, les premiers publiés sous le pseudonyme de François Le Cap, puis sous son nom, dans lesquels il aimait à chanter les femmes et le vin qui ruisselle en l’honneur des anciens dieux (Des runes et des rimes, Pyrène, Saint-Avit-Rivière 1991). On lui doit encore des chansons, dont celle du film de Gérard Blain Pierre et Djemila (1987). Au cinéma, il fut aussi l’un des principaux acteurs du Rebelle (1980), autre film de Gérard Blain, dont le titre lui convenait si bien.
Maurice Rollet est mort à Aix-en-Provence le 21 janvier dernier, à l’âge de 80 ans. L’annonce de sa mort n’a pas surpris ses amis, qui le savaient depuis longtemps malade, mais les a frappés comme la foudre. Profonde tristesse. Grand Soleil, Coupo santo !
Alain de Benoist
Extrait d’Éléments n°150

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