18 juillet
2016

Un statut pour le Pays catalan, vite !

Après une réaction à chaud par vidéo le lendemain même de la décision du conseil régional de valider le nom de notre nouvelle région, j’ai attendu quelques jours pour un communiqué écrit afin de prendre la température du peuple catalan. C’est donc Occitanie qui a été validé par les élus régionaux, nom affublé du sous-titre ridiculement insipide de Pyrénées-Méditerranée. Un véritable scandale qui nie en profondeur ce que nous sommes, des catalans.
Brève autopsie de cette consultation populaire
Je ne rentrerai pas ici dans certaines polémiques qui consistent à parler du coût de cette opération ou du nombre de participants. Je laisse ce plaisir à d’autres, à ceux pour qui le vrai débat identitaire passe aux oubliettes, et qui préfèrent jouer les gorges chaudes de la critique stérile et politiquement politicarde. Réflexes typiques chez ceux qui non rien à dire, ils se mettent en avant et éludent ainsi les problèmes de fond qui leurs échappent. Si nous pouvons regretter qu’un bon nombre d’occitans n’ont pas joué le jeu de lasolidarité ancestrale qui unit nos deux peuples, nous ne devons pas non plus mettre tous les occitans dans le même panier. Nous dirons simplement que pour certains le fameux Coupo Santo se transformera en Coupe d’Amertume.
Trois pour cent de la population de la région s’est rendu « aux urnes virtuelles » et « Occitanie » arrive en tête avec 44%. « Occitanie – Pays catalan » arrive 4e sur 5 avec 13%, dans une région où seul un département est concerné par la deuxième partie de cette proposition. En effet sur 13 départements que comporte la nouvelle région, un département seulement est catalan. Ce qui serre d’avantage les résultats. Il n’en demeure pas moins que « Occitanie » et « Occitanie – Pays catalan » recueillent ensemble 57% des suffrages exprimés. Pouvons-nous imaginer seulement un instant que les occitans monteraient au créneau pour protester contre l’ajout du terme « Pays catalan » ? Je ne le pense pas. On imagine mal les personnes qui ont voté « Occitanie » se révolter si on avait complété avec « Pays catalan ». Un oubli ? Non ! Une faute grave commise à l’encontre des catalans ! Ce qui peut nous faire dire que les véritables gagnants de cette consultation sont évidemment les marchands du Temple, les affairistes, qui avec leur appellation géographique « Pyrénées-Méditerranée » se voient gratifier d’un sous-titre, proposition qui a obtenu la troisième place au classement avec 15,31% des suffrages.
Question : Les normands sont-ils bretons ? Les picards sont-ils parisiens ? Alors pourquoi les catalans devraient-ils se transformer en occitans ?

Spéculations
A moins que cette affaire ne soit une énième entourloupe du régime jacobin pour éliminer une fois de plus toutes références identitaires ? Je m’explique: puisque les catalans ne souhaitent pas être appelés occitans, et que certains occitans ont oublié les catalans dans cette consultation, et bien peut-être que pour le Conseil d’Etat ça ne sera ni l’un ni l’autre afin d’éviter tout quiproquo : exit Occitanie… welcome Pyrénées-Méditerranée pour mettre tout le monde d’accord, surtout les affairistes et fini l’entente cordiale entre les occitans et les catalans. Fiction ou réalité ?
Une pétition en ligne
Le samedi 25 juin, au lendemain de cette douche froide, le collectif Oui au Pays catalan ! a lancé une pétition sur le blog change.org : Non Occitanie, Oui Pays catalan, afin de protester contre cette injustice marquée du sceau du mépris. Au moment où j’écris ces lignes, le nombre de signataires est de 9537 (2/7/16). Je vous invite chaleureusement à signer et à diffuser cette pétition.
Catexit VS nouvelle région
Si les anglais ne veulent plus être européens, au sein de l’Union s’entend, les catalans de par leur grogne commencent à faire ressentir qu’ils ne souhaitent plus faire partie de cette nouvelle grande région, qui comme pour l’ancienne nous oublie. Si un Brexit a été possible quand serait-il d’un Catexit ? L’affaire est plus corsée et lorsque la folle administration française est en route rien ne semble pouvoir l’arrêter. Pas de nom et pas d’institution propre, cela implique donc la disparition pure et simple d’un Pays catalan administratif en territoire français. Je le rappelle encore une fois, les départements sont appelés à disparaitre en 2020 dans le cadre de la réforme territoriale. Néanmoins des solutions s’offrent à nous afin de ne pas disparaitre totalement à l’horizon 2020: la Collectivité Territoriale Unique. Il s’agit d’un statut constitutionnel que ne peuvent nous contester les souverainistes les plus jacobins, funestes héritiers des égorgeurs de 1793. Cette Collectivité Territoriale Unique réunit à la fois les compétences régionales et départementales. Nous devons y voir ici un moyen efficace pour que notre département puisse encore exister comme territoire catalan, mais également pour qu’il puisse bénéficier d’un statut politique qui nous permette de vivre pleinement notre identité. Vivre, travailler et décider au pays afin de gérer au plus près nos affaires et notre développement économique. Il s’agit d’une liberté publique des plus élémentaires. Notons avec profit qu’une dizaine de statuts existent et sont encadrés par l’article 72 de la Constitution française, nous citerons pour l’exemple, le Grand Paris, la Métropole Lyonnaise, la Corse, les DOM-TOM-COM d’Outre-Mer, alors pourquoi pas demain le Pays catalan ? Cela ne dépendra que de la capacité de mobilisation, d’abnégation et de volonté du peuple nord-catalan, en avant donc pour un statut, la campagne ne fait que commencer !
Llorenç Perrié Albanell

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